Sept heures sur sa montre. Mimiko n’avait plus d’autre choix que celui de descendre. Elle avait peur de rencontrer les autres pensionnaires, qui, a ne pas s’en douter, étaient tous de sexe masculin. Elle avait un grave problème : elle avait peur des garçons.
Pas peur de vue, ni de leur parler. Mais elle ne supportait pas qu’un garçon la touche.
C’était pourquoi son cœur battait si fort.
Elle recoiffa ses longs cheveux noirs en deux tresses surmontée de macarons, laissant deux mèches entourer son visage et après un dernier regard dans le miroir se laissa porter par le cri de son ventre et sortit de sa chambre.
Bah, ce n’est pas comme s’ils se retrouvaient seuls : Lady était là.
Elle descendit les quatre escaliers et s’arrêta sur la dernière marche, crispée. Le panneau coulissant menant à la salle à mangé était ouvert et elle pouvait entendre des éclats de voix.
Mimiko ne savait pas pourquoi, mais ça lui rappela sa famille. Elle s’assit sur la marche, ayant brutalement envie de pleurer.
C’était vraiment une pleurnicharde.
La porte d’entrée s’ouvrit alors, laissant découvrir un homme de haute stature, élégant dans un costume brun, ses cheveux châtains coiffé en arrière. Il retira ses chaussures machinalement puis la remarqua. Il rangea ses chaussures impeccablement noires et s’approcha d’elle :
-Eh bien pourquoi une si jolie fleur pleure t’elle dans son coin ?
Il essuya du revers de la main les larmes qui coulaient sur ses joues et l’attrapa par la main pour la faire rentrer dans la salle de séjour.
-Ma chérie, j’ai trouvé ça sur l’escalier ! Claironna l’homme sans que Mimiko ne puisse parler. Sept paires de yeux se tournèrent dans sa direction et elle sentit automatiquement ses joues rougir.
Lady Une se leva et se dirigea vers le couple, elle posa un léger baiser sur les lèvres de l’homme et emprisonna fermement la main de la jeune fille pour l’amener à table et l’asseoir en tailleur à celle-ci.
-Eh bien Mimiko, ils ne vont pas te manger ! Fit-elle en riant.
-Pas sur elle est mimi ! Rigola un garçon doté d’une très longue tresse marron.
Sa phrase la fit rougir encore plus et comble de malheur, elle se retrouva assise à côté de lui. Elle fixa intuitivement son assiette de porcelaine blanche pendant que l’homme s’asseyait à un côté de la table. Il semblait être le mari de la gérante.
-Eh bien je vous présente à tous Mimiko, dix huit ans, qui vient de nous rejoindre dans notre pension, déclara Lady.
-Enchantée, fit l’intéressée tout doucement, à la fois peu sure de son japonais et intimidée d’être entouré par tout ces garçons. Des canons en plus. Elle n’en avait jamais vu autant regroupé au même endroit.
Le garçon à la natte lui tandis la main :
-Super content de te connaitre, moi je m’appelle Duo Maxwell, j’ai vingt ans, je vais entrer en troisieme année de sports-études, je veux devenir le plus grand joueur de basket du monde et je suis célibataire en ce moment ! J’occupe la chambre 10 au premier étage et tu as la chance aujourd’hui de gouter les repas de Kyo, c’est le rouquin devant toi, qui te donneront envie de manger au restaurant tout les jours…
Mimiko renonça à lui serrer la main et le regarda bouche bée débiter un flot de parole à une vitesse extraordinaire.
Il fut finalement tu par Lady qui lui mit une boulette de riz dans la bouche.
Le garçon de l’autre côté d’elle, un blond aux yeux clairs, prit à son tour la parole :
-Enchantée de te connaitre. Je m’appelle Quatre Raberba Winner, mais tu peux m’appeler Quatre…
Un marmonnement incompréhensible vint de l’autre côté de la jeune fille.
-Je suppose que Duo vient de te dire que tu peux l’appeler aussi par son prénom. Tout comme toi j’ai dix huit ans et j’occupe la chambre 13 au premier étage. Si tu as un problème tu peux venir me voir ou alors aller voir Wufei, c’est le plus âgée d’entre nous et donc le responsable des pensionnaires.
Il lui montra du doigt le chinois qui était assis rigidement de l’autre côté de la table prés de Lady. Il s’inclina légèrement, et Mimiko fit de même.
-Je m’appelle Wufei Chang…
-Mais dans quelques temps tu l’appelleras Wuffie ou Maman… Intervint Duo en riant.
-MAXWELL NE LUI DONNE PAS DE MAUVAISES IDEES ! S’hérissa son vis-à-vis avant de revenir vers Mimiko qui se sentait mieux grâce aux bêtises de Duo. Pour peu, elle l’aurait remercié, c’était un véritable faiseur de bonne humeur.
-J’ai vingt-trois ans, je suis donc le responsable des pensionnaires comme l’a dit Winner. Tu peux me trouver dans la chambre 3 du rez-de-chaussée. J’espère que tu passeras de bons moments dans cette pension.
-Merci beaucoup.
-Moi c’est Kyo Soma, dix huit ans, fit une voix à l’opposée de la table, face au voisin de Quatre. Je suis désolé si le repas est pas super, je suis pas un cordon bleu comme Wufei ! Je vais entrer en seconde années de sports études, et mon rêve c’est de battre Wufei puis de tenir un dojo. Voila.
-Ne t’inquiète pas, je me contente de peu, déclara Mimiko.
-MAIS JE NE M’INQUIETTE PAS !
-Ne fait pas attention à lui, répliqua Quatre alors qu’elle reculait en arrière. Je te présente Trowa Barton, mon meilleur ami, déclara t’il en lui désignant son voisin.
Il lui fit un petit geste de la tête avant de se remettre à manger, visiblement peu intéressé. Il était aussi asocial que Quatre était le contraire. Comment pouvaient-ils être meilleurs amis ?
-Heero Yuy, vingt ans, chambre 1 au rez-de-chaussée, fit une voix grave venant de devant elle.
Elle n’avait pas encore osé lever les yeux vers son vis-à-vis, mais après cette description aussi brève qu’impersonnelle, elle se sentit curieuse. Et là elle rencontra le vrai asocial. Penché lui aussi sur son assiette, il avait l’air japonais, des cheveux bruns apparemment pas décoloré (quoique…) et des yeux caché sous une paire de petite lunettes. Après sa description obligée, il l’ignorait royalement.
Elle ne prit même pas la peine de le remercier. Hey le respect ça se méritait !
-Et moi je me nomme Treize Kushrenada, lança l’homme qui l’avait découverte à l’entrée.
-Enchantée.
-AH ! Avec vos présentations, Miko elle a pas encore touché à son assiette ! J’entends son ventre rouspéter depuis tout à l’heure ! S’exclama Duo en la servant.
-Miko ?!
-Ouais, ça te plait pas ?
-Ca fait glace.
-Justement.
Elle n’alla pas essayer de comprendre sa logique.
-Alors tu as le choix entre boulettes de riz au bœuf, boulettes de riz aux miettes de thons et boulettes de riz nature. Et tu verras comme ça reviens souvent le tour de Kyo…
-DES RECLAMATIONS ?! Rugit le rouquin en se levant sur ses genoux et en brandissant ses baguettes vers le natté.
-Ca se pourrait…
-Je n’accepte aucune remarque de la part de quelqu’un qui achète des plats tout prêt à réchauffer !
-Les garçons voyons…
***
-WOUAHHHH !!!
Mimiko regarda de tout côté, émerveillée par ce qu’elle avait tant entendu parler sans jamais le voir. Les cerisiers du japon en fleurs. Il y en avait toute une rangée sur la route principale qui menait à l’université Kazeko. Il restait encore un jour avant la rentrée, pourtant les bords étaient occupés par des stands présentant les divers clubs de l’établissement. Curieusement aucun club de sports ne vint l’ennuyer. C’était peut être à cause de sa jupe noir à liserés rose, de ses bas noirs, de son haut noir et des ses gants en résille (noir évidemment) qu’il y avait une espèce de vide autour d’elle.
Elle y était habituée, et de toute façon, elle n’était pas venue à la fac pour s’inscrire dans un club, mais pour valider son inscription en première année d’arts.
Duo avait eu l’amabilité de l’amener en moto jusqu’au portail de l’université avant de partir à un rendez vous. A partir du portail, elle avait dû se débrouiller toute seule.
Le bâtiment était immense, tout en longueur et formant un U vers l’arrière. L’entrée principale se trouvait au milieu, juste au bout de l’allée des cerisiers. Autour c’était un parc sympathique avec de la verdure et des bancs.
Elle était occupée à regarder autour d’elle quand elle aperçut une touffe de cheveux rousse.
Evidemment Kazeko était un complexe d’enseignement international, les étudiants étaient donc de toutes nationalités, mais ces cheveux là ne pouvait pas la tromper.
-Bonjour Kyo ! Fit-elle en s’approchant.
Le rouquin sursauta comme un chat prit en faute :
-Oui c’est moi ! Oh c’est toi.
-Tu attendais quelqu’un d’autre ? Demanda la jeune fille en regardant autour d’elle.
-Non pas spécialement… Tu vas à un enterrement ?
-Non. Je vais remplir mon dossier pédagogique et pour cela je dois voir le directeur.
-T’es bête, tu aurais dû en parler au diner, lui fit remarquer Kyo. Ca t’aurait évité le déplacement.
-Pourquoi ?
-Bein…
-C’est comme ça que tu surveilles le stand ! Grogna une voix tout aussi connu par les oreilles de la brune. Wufei arriva d’on ne sait où :
-Tiens bonjour Mimiko.
-Bonjour Wufei. C’est de ma faute, c’est moi qui l’ai distrait. Je voulais savoir où été le bureau du directeur.
-OUAIS C’EST TOUT DE SA FAUTE !
- Décidemment on ne t’a pas appris à être galant avec les filles Soma… M’étonne que tes parents t’aient placé dans une pension de garçon… Soupira le chinois avant de revenir à Mimiko :
-C’est simple, c’est au dernier étage, c’est assez bien indiqué. L’université se divise en plusieurs « zones ». L’aile gauche est réservée à toutes les aptitudes scientifiques, l’aile centrale à tout ce qui est plus littéraire et l’aile droite au reste. Au centre, dans la cour, se trouvent les divers terrains de sports pour les études sportives.
-Tu es un vrai puits de savoir Wufei ! S’exclama Mimiko.
-C’est mon rôle d’ainé.
La jeune fille recula de trois pas pour regarder le stand que tenaient Kyo et Wufei :
-Vous faites parti du club d’arts martiaux ?
-Oui, comme les cours finissent à midi et demi, les élèves aiment fréquenter un des club qui a lieu l’après-midi, lui expliqua t-il.
Kyo lui tendit un papier publicitaire.
-Ca doit pas vraiment t’intéresser mais bon…
-J’ai fait trois ans d’arts martiaux, le coupa Mimiko en fourrant le papier dans une de ses poches. Bon je vais y aller !
-A tout à l’heure alors, conclut Wufei avant de continuer alors que le coin de sa bouche remontait en un sourire narquois, oh, et au fait, toutes mes condoléances.
Mimiko eut pour seule réaction intelligente de lui tirer la langue en courant vers la porte d’entrée principale, les joues rouges. Ce garçon avait un sourire vraiment noble, il semblait aussi rare qu’une perle dans la mer.
-Drôle de fille, hein ? Déclara Wufei.
-Ouais…
-On ne dirait pas qu’elle vient d’un pays en guerre…
A quelques lieux de là, Mimiko entrait dans le hall principal en essayant de ne plus penser au beau chinois. La beauté des locaux lui offrit un nouveau sujet de contemplation. Comparé à son ancienne fac, c’était un palais. Tout était moderne et propre. Il n’y avait pas un seul graffiti sur les murs et aucun mégot par terre.
Le Japon c’est le paradis !
Ou alors c’était parce que ce n’était pas encore la rentrée…
Elle avisa un ascenseur qui paressait être public et appuya sur la touche du dernier étage. C’était vraiment pratique et reposant de savoir qu’elle n’aurait pas à se taper quatre étages aux escaliers tous les matins.
L’ascenseur sonna et s’ouvrit sans un bruit dans un couloir vide. Des fenêtres qui bordaient le couloir, la jeune fille pût effectivement voir les nombreux terrains de sports dont lui avait parlé Wufei. Elle remarqua même ce qui semblait être un gymnase au bord de l’aile droite.
Peut être qu’il faudrait que je fasse un peu de sports… En plus…Aïe sa pensée dérivait sur un Wufei habillé d’un hakama en train de lui apprendre un mouvement au sabre. Elle secoua la tête pour faire partir ce petit film.
Non, définitivement, je n’irais pas au club d’arts martiaux !Peut être pour regarder un peu…NOOOON !Pendant ses divagations elle finit par se trouver devant la porte du directeur et frappa.
-Entrez !
Mimiko ne se fit pas prier et ouvrit la porte. Elle regarda le directeur, puis regarda la plaque sur la porte et lut :
-Treize Kushrenada…-_-‘
-Bonjour Mimiko. Que fais-tu ici ?
L’homme brun l’invita à s’asseoir sur la chaise devant son bureau.
-Eh bien c’est pour la validation de l’inscription…
-Mais pourquoi tu ne m’en as pas parlé hier… Oh ! Désolé, il est vrai que je n’avais pas précisé qu’en plus d’être le mari de Lady, je suis le directeur de l’université !
-Je vois maintenant ce que voulait dire Kyo… Murmura Mimiko.
-Bon eh bien occupons nous de cette validation, continua Treize en attrapant un formulaire. Mention ?
-Arts, répondit la jeune fille.
-Vu ton look ça ne m’étonne qu’à moitié…Options ?
-Mythologie grecque et anglais…
-Pourquoi ces choix ? Demanda Treize en inscrivant tout cela au stylo bic sur sa feuille.
-Je veux devenir romancière.
-C’est bien d’avoir un rêve, sourit l’homme en passant une main sous son menton, la regardant profondément de ses yeux bleus. Est-ce que ça va ?
-Hum ?
-Je suppose que tu dois te sentir un peu secouée de ce changement brutal de vie.
-Il est vrai que je n’aurais jamais pensé étudier un jour à Tokyo… Et que… Je ne sais plus trop quoi penser au juste… Je suis inquiète pour les gens que j’aime parce que je ne sais pas où ils sont ou s’ils vont bien… C’est un peu trop tôt pour moi… Pour dire ce que je ressens vraiment…
-Je comprends. J’espère que tu ne te sentiras pas trop seule au sein de notre pension…
La discussion avec Treize laissa Mimiko pensive. Une fois retournée à la pension elle dédaigna le salon pour rentrer s’enfermer directement dans sa chambre. Elle se laissa glisser le long de sa porte en soupirant, regardant le ciel embrasé de milles couleurs.
Elle resta immobile, perdue dans ses pensées jusqu’à ce que Lady frappe à sa porte pour lui rappeler qu’il était l’heure de manger.
Elle prétexta ne pas avoir faim pour pouvoir ne pas bouger.
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Je sais pas pour toi Miss Kitty, mais moi je me sens tellement plus miaaaouuuu miaaaouuu...